Dans ces moments suspendus, je ne réfléchis pas longtemps. J’agis. Je protège. Et parfois, sans le savoir, je commence une nouvelle vie. Cet enfant, confié ensuite aux services de l’aide sociale à l’enfance, avec l’appui de Lucas, mon collègue, est resté gravé dans un coin de mon cœur. Impossible de l’oublier. Comme une évidence qui s’impose doucement, jusqu’à devenir une décision : offrir un foyer, une stabilité, un amour constant.
Adopter seul… et apprendre à devenir parent
L’adoption est souvent perçue comme une belle finalité. En réalité, c’est surtout un parcours semé de doutes, de démarches administratives interminables et de nuits à me demander si je serai “assez”. Assez disponible, assez solide, assez légitime.
Quand on est parent solo, les questions se multiplient. Organisation, garde, fatigue… mais aussi cette responsabilité immense : être le pilier unique. Et pourtant, une fois Léo à la maison, tout prend sens. Les matins pressés, les chaussettes dépareillées, les petits-déjeuners qui finissent sur la table plutôt que dans le bol. Le quotidien devient joyeusement imparfait.






